21 décembre 2010

La Forêt des Mythagos - Robert Holdstock

2 comments

  • Le synopsis :
Dans un coin perdu du Herefordshire s'étend le bois de Ryhope, vestige d'une ancienne forêt remontant à la dernière glaciation ; un bois tellement dense qu'il paraît impossible d'y pénétrer au-delà d'une certaine limite. George Huxley, qui s'est établi avec sa famille à l'orée de Ryhope, est pour d'obscures raisons obsédé par cette forêt, par l'idée d'en explorer les profondeurs ; une obsession qui le conduit à négliger sa femme et ses enfants. Après sa mort, en 1946, ses deux fils se retrouvent à Ryhope où, grâce aux carnets qu'il a laissés, l'étrange vérité leur est peu à peu révélée : dans ce coin de l'ancienne Angleterre, il semble que l'inconscient collectif humain soit capable de donner vie aux peuplades des mythes et des légendes. Et qu'au détour d'un sentier, ou bien derrière un arbre, se dissimulent Guiwenneth, la belle princesse celte, Jason et ses argonautes, le roi Arthur Pendragon et bien d'autres héros encore...


  • Mes impressions :

J’avoue avoir été très intriguée par le début du livre: on fait la connaissance de Georges Huxley, un homme vivant dans le domaine d’Oak Lodge avec sa femme et ses deux fils, Christian et Steven. Sa maison est établie en bordure d’une ancienne forêt, le bois de Ryope. Au travers de ses lettres à son ami Wynne-Jones, et plus tard au fil des pages de son journal, nous apprenons que Georges est tellement fasciné par ce bois qu’il y passe des semaines entières, délaissant totalement sa famille. Il semble avoir découvert de formidables secrets au fond de cette forêt : celle-ci constituerait un espace en dehors du temps (le temps s’écoule plus vite dans la forêt que dans la réalité, et au cœur du bois, en Lavondyss, il semblerait même que le temps n’ait pas d’emprise…), et surtout, la forêt donnerait vie aux mythes et aux légendes. Ryope puise dans l’inconscient collectif de ceux qui sont au contact de la forêt, et donne naissance à des mythagos, des matérialisations de légendes anciennes, que nous portons en nous parfois même sans le savoir.

Steven, le fils cadet de Georges Huxley, revient au domaine d’Oak Lodge en apprenant la mort de son père. Il y trouve son frère Christian en proie au désespoir, puisqu’il a perdu celle qui l’aimait : Guiwenneth, une mythago créée par l’esprit de son père et qui a été tuée par une flèche venant de la forêt. Il décide alors de partir dans le bois de Ryope pour retrouver une autre « version » de sa bien-aimée, laissant Steven seul avec le journal de son père.

Cette mise en bouche m’a assez intriguée et laissait présager un très bon roman. J’étais impatiente de découvrir cette forêt et ses mystères, d’en apprendre plus sur Georges Huxley et ses expériences, sur le processus de création des mythagos, etc.

Et pourtant, arrivée aux alentours de la page 100, le charme s’est rompu : les explications quasi-scientifiques sur la formation des mythagos, des pré-mythagos, et sur les expériences menées par Georges Huxley m’ont laissées de marbre. J’ai trouvé ce passage compliqué et fastidieux, ce qui m’a un peu refroidie.

Mais en continuant ma lecture, j’ai été charmée par la rencontre entre Steven et Guiwenneth. Beaucoup de moments touchants, une sorte de « choc des cultures » très bien mené par l’auteur. Tout comme Steven, on est fascinés par cette belle princesse des bois et par le décalage entre son existence (qui devrait être impossible !) et la réalité.

S’en est suivi un petit moment de « mou » dans la lecture, dans lequel Steven cherche à en savoir plus sur le journal de son père et sur ses découvertes. En effet, il manque des pages dans son journal, et Steven tente de les retrouver pour mieux comprendre ce qu’est le bois de Ryope. Il tente aussi d’autres expériences, ce qui l’amène à faire la connaissance d’Harry Keeton, un aviateur qui a lui aussi pénétré dans un bois étrange durant la guerre, lorsqu’il était en France.

A ce point du récit, je commençais à m’impatienter et je criais silencieusement à Steven : « Mais qu’attends-tu pour t’aventurer dans le bois ? ». Quand enfin il s’est décidé à accéder à mes vœux, j’ai été déçue de ce qu’il a pu trouver dans la forêt. En effet, le schéma du récit est toujours sensiblement le même : Steven rencontre de nouveaux mythagos, il y a une sorte de « choc des cultures » (langues différentes, coutumes étranges, etc.), il se pose des questions sur la légende qui est à l’origine de ces mythagos et se demande pourquoi il a l’air d’être attendu par les habitants de la forêt, et l’histoire n’avance que très lentement.

De plus, les dernières pages m’ont laissée sur ma faim. Je me suis dit : tout ça pour ça ? Parce qu’en fait (et c’est ce qui pourra paraître comme le gros point positif du livre à certains), dans le bois de Ryope, il n’y a pas de fins aux histoires, les légendes et les mythes se renouvellent perpétuellement, les possibilités sont infinies, ce qui m’a d’ailleurs laissé un sentiment de frustration, puisqu’on en saura pas plus sur certains personnages et sur certains événements. Par exemple, l’intrusion de Christian et de Steven dans la forêt a un impact sur les mtyhagos : ainsi, Steven se demande sans cesse si la Guiwenneth qu’il a rencontrée est sa création ou celle de son frère. Tout est sans cesse sujet à questionnement, sans trouver parfois de réponses…

Ce qui est intéressant ici, c’est que la frontière entre le mythe et la réalité est très floue : les hommes « réels » comme Steven et Christian, ou encore Georges Huxley, donnent naissance à des mythagos, des légendes sensées relever du domaine de l’irréel. Mais surtout, en entrant dans le bois de Ryope, nos trois Huxley font eux aussi peu à peu partie du mythe. Alors, où est la réalité ?

Globalement, mon avis est donc assez mitigé sur cette lecture. J’ai été déçue du style de l’auteur car il peut être enchanteur et mystérieux puis longuet et difficile. Ce livre est compliqué, et je pense que la lecture des tomes suivants, et éventuellement une relecture, permettrait de mieux en saisir toute la portée. Ceci dit, La Forêt des Mythagos ne m’a pas donné envie de continuer avec le tome 2 …

C’es dommage car ce livre a des points positifs, le thème (plutôt orienté SF que Fantasy à mon sens) est intéressant et certains passages sont intrigants et mystérieux, c’est une œuvre originale qui ne ressemble en rien à mes lectures Fantasy habituelles. Mais l’histoire est trop lente, elle manque d’action et les théories développées sont parfois trop élaborées, trop complexes pour les apprécier pleinement.

A essayer donc, pour sortir des sentiers battus, mais en étant prévenu que ce n’est pas une œuvre à lire à la légère !

  • Ma Note : 3/5

J'ai lu cette œuvre dans le cadre d'une lecture commune sur Livraddict. Les avis de mes co-lecteurs : Heclea, Bambi_Slaughter, Petitepom, Julien le naufragé.




Ce livre entre également dans mon challenge Chefs d'oeuvre de la SFFF dans la catégorie Fantasy :



2 commentaires:

  1. On se rejoint assez dans nos avis, même si le mien est peut être un peu plus négatif !
    En tout cas on est d'accord sur un point la non-lecture du tome 2

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  2. Déçue je suis... :( Je reluque cette série depuis un petit moment. Ce qui fait que j'hésitais c'est qu'avec cet auteur j'ai l'impression que c'est quitte ou double. J'ai lu deux livres qu'il a écrit, qui m'ont beaucoup plus à part les fins, qui à chaque fois m'ont donné une impression de non-fin justement, de celles qui te laissent sur ta faim (non je n'essaie pas de faire des jeux de mots), du coup, j'hésitais à lire autre chose de cet auteur. C'est tout de même décevant les mauvaises fins... Là, je crois que je vais laisser tomber devant le nombre d'avis négatifs...

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