10 janvier 2011

Le Maître des Ombres - Roger Zelazny

3 comments

  • Le synopsis :

Je suis Le Maître des Ombres ! Seigneur du Bastion de l'Ombre ! Je suis Jack le voleur qui marche en silence et dans l'ombre ! J'ai été décapité à Iglès et j'ai resurgi des Fosses à Immondices de Glyve. J'ai bu le sang d'un vampire et dévoré une roche. Je suis celui qui a rompu le Traité. Celui qui a inscrit un faux nom sur le livre d'Ells. Je suis le prisonnier du joyau. J'ai dupé le Seigneur du Fort-Colère et je retournerai me venger de lui. Je suis l'ennemi de mes ennemis.

Une Terre figée où existent une Face Diurne, celle de la technologie, une Frange Crépusculaire et une Face Nocturne, celle de l'Art Occulte. C'est dans ce décor de science-fantasy que le père des Neuf Pinces d'Ambre fait évoluer Jack, une créature prête à tout pour se venger de celui qui lui a volé la femme qu'il aimait, la belle Evène. Michael Moorcock a créé Elric et l'a tué, Roger Zelazny a créé Jack et l'a fait revenir d'entre les morts.

  • Mes impressions :

J’avais déjà pu constater le talent de Roger Zelazny avec son cycle des Princes d’Ambre, que j’avais dévoré : un univers étrange et original, une écriture unique, un mélange habile entre le monde réel et le monde d’Ambre… Bref, un cocktail de bons éléments qui m’ont poussée à m’intéresser de plus près à d’autres titres de cet auteur. Pourtant, si j’ai apprécié la lecture du Maître des Ombres, je n’y ai pas retrouvé le plaisir que j’avais éprouvé durant sa célèbre saga.

En effet, l’univers créé par Zelazny est encore plus bizarre que celui d’Ambre : à la suite d’un événement inconnu du lecteur, la Terre s’est arrêté de tourner, divisant le monde en trois parties distinctes :

  • La face Nocturne : ses habitants ne sont pas humains, ce sont des êtres dotés de pouvoirs divers et variés, et qui ont de nombreuses vies ;
  • La face Diurne : elle est occupée par les humains, qui continuent de croire à la science et de renier la magie ;
  • La frange Crépusculaire : personne n’y vit, sauf l’Etoile du Matin, qui attend indéfiniment de voir le soleil de lever à l’horizon.

L’intrigue tourne autour de Jack, dit le Maître des Ombres : c’est un Nocturne très puissant qui, contrairement à ses compatriotes, dont le pouvoir ne peut s’exercer qu’au sein de leur royaume, en un point précis, peut déployer ses talents magiques dès lors qu’une partie au moins de son corps se trouve dans l’ombre.

C’est à peu près tout ce qu’on apprend sur le décor du livre, et c’est bien ce qui m’a dérouté. En effet, le truc qui me chiffonne avec ce roman, c’est que l’univers créé est très vaste mais que l’auteur ne s’y attarde pas : on découvre quelques éléments tout au long du récit, mais globalement, l’histoire de ce monde reste obscure au lecteur. Ainsi, on ne sait pas quel événement lui a donné naissance, et les motivations et le passé de Jack nous échappent la plupart du temps. C’est un effet voulu par l’auteur, et certains apprécieront ce côté-là, mais j’avoue avoir trouvé Zelazny vraiment avare de détails : il a suscité ma curiosité sans l’avoir satisfaite, ce qui est assez frustrant…

Le thème de la vengeance est le fil conducteur du récit. On y retrouve aussi d’autres sujets de réflexion, comme la dualité de l’être humain (l’ombre et la lumière, le cœur/l’âme et la raison), la divinité et le changement (Jack acquiert tellement de pouvoir qu’il finit par pouvoir faire ce qu’il veut, ce qui l’amène à réfléchir et à provoquer des événements qu’il n’aurait jamais envisagé auparavant…)

L’action est rapide et j’avoue ne pas avoir tout suivi à certains moments car les ellipses temporelles sont importantes et on passe parfois du coq à l’âne en quelques pages. L’avantage de ce système, c’est qu’on ne s’encombre pas des détails et qu’on va droit à l’histoire et à ce que l’auteur veut qu’on retienne, mais pour moi, cela retire une partie de son charme à l’intrigue.

En conclusion, c’est un récit simple et abordable, qui se lit vite mais dont je suis ressortie avec un goût d’inachevé et l’impression de ne pas avoir profité de l’histoire à sa juste valeur. L’auteur y a déployé un style d’écriture particulier, trop rapide et pas assez détaillé pour moi. Zelazny a su éveiller ma curiosité mais l’a également déçue par le peu de développements que contient le livre.

Malgré mon avis en demi-teinte, j’encourage les amateurs de science-fantasy à se pencher sur ce livre, car j’ai pu lire de nombreuses critiques élogieuses sur ce titre.


J'ai lu ce titre dans le cadre du challenge ABC Fantasy/Bit-Lit 2011 :


  • Ma Note : 3/5

3 commentaires:

  1. Moi je n'ai pas du tout apprécié le cycle des Princes d'Ambre, je me suis arrêtée au tome 3 ... du coup je pense que je passerai mon chemin avec ce bouquin la ^^

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  2. Je pense lire un jour un livre de cet auteur, et pourquoi pas celui-ci ? d'autant que je ne suis pas très attirée par les princes d'Ambre (cherche pas, c'est une sensation plus qu'une réelle réflexion)

    Biz

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  3. J'avais bien aimé ce livre, même si comme toi j'ai trouvé un petit goût de rapide et inachevé. Ma chronique ici si ça t'intéresse : http://tinyurl.com/6bth4uv

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