1 avril 2011

La Voleuse de Livres - Markus Zusak

13 comments
  • Le synopsis :

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée. Est - ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres...

  • Mes impressions :

Lorsque j’ai lu la quatrième de couverture de ce livre la première fois, j’ai été réellement intriguée : une histoire racontée par la Mort ? Génial ! Et en plus une histoire qui parle d’une voleuse de livres… Quand j’ai commencé la lecture, honnêtement je ne m’attendais pas à ça. En fait je crois que je ne m’attendais à rien en particulier sinon une lecture différente de mes choix habituels. De ce côté-là, j’ai été servie, et dans un sens très positif !

Les cinquante premières pages ont été très étranges : j’étais intriguée par l’histoire, et en même temps totalement décontenancée par le style d’écriture. La façon qu’a l’auteur de raconter cette histoire est très singulière : déjà, la narratrice n’est rien moins que la Mort, et elle n’est pas du tout comme on l’imagine ! Elle m’a paru bien sympathique avec son humour cynique, son attachement à la voleuse de livres et aux humains en général. Et puis on se rend compte que la Mort, elle fait son boulot comme tout le monde, et qu’elle n’y prend pas forcément plaisir. Elle râle régulièrement après Hitler qui lui donne autant de travail… La Mort ici n’a pas l’apparence sombre et effrayante qu’on lui attribue habituellement (ça la fait d’ailleurs bien rire que les humains la voient comme une grande silhouette noire armée d’une faux…)

La narratrice est donc vraiment un personnage inhabituel, à la personnalité étonnante, et ça se ressent dans son récit. La manière dont elle nous raconte l’histoire de la voleuse de livres est très particulière, avec de petits interludes de-ci delà, marqués par une police et une mise en page différente (un petit paragraphe est mis en avant dans une page, souvent trois ou quatre lignes, une petite réflexion sur une situation ou un personnage que la mort destine au lecteur).

Un point étonnant aussi, c’est la manie qu’a la Mort de nous raconter un événement hyper important (le décès d’un personnage par exemple) lorsqu’on ne s’y attend pas. Au début on se dit que ça va gâcher toute l’histoire mais pas du tout ! En fait, la Mort nous annonce un fait crucial au détour d’une phrase, pour y revenir en détail 100 pages plus loin. Au final, on sait que ça va se passer, mais on ne sait pas comment ça va arriver, ni dans quelles circonstances, et surtout on ne sait pas ce qui va se passer entre ce que la Mort est en train de nous raconter là tout de suite à la page 20, et celui qu’elle vient de nous annoncer et qui n’interviendra qu’en page 150…

Ce type de narration très particulier m’a un peu rebuté au début, à tel point que je me suis demandé si j’allais terminer le livre… Et pourtant, je me suis très vite habituée, pour finir par réellement apprécier le style de l’auteur. Il y a vraiment quelque chose de profondément touchant dans sa manière d’aborder cette histoire. L’émotion est présente tout au long du récit, et on se prend d’affection pour tous les personnages. La prouesse de l’auteur, c’est d’arriver à nous faire ressentir à la fois la vision particulière de la Mort sur la vie des humains et sur la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi de nous faire partager la vision de Liesel, la voleuse de livres. Liesel, dont on va suivre l’évolution pendant plusieurs années de son enfance. Cette partie de sa vie est racontée avec les yeux d’une jeune fille qui prend petit à petit conscience du régime d’Hitler et de ses conséquences sur son entourage et sur sa propre vie.

Ce livre, c’est un morceau de la vie d’un quartier pauvre dans une petite ville allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’est une vision fugace et touchante d’une multitude d’histoires personnelles qui se recoupent en un même temps et un même lieu, des vies qui seront toutes impactées d’une manière ou d’une autre par le nazisme et la guerre.

La fin est belle, et l’histoire de la Secoueuse de Mots est superbe. Si vous voulez en savoir plus et découvrir vous aussi qui est Liesel, le boxeur juif et l’accordéoniste, si vous voulez savoir pourquoi Liesel est une voleuse de livres et pourquoi la Mort nous raconte son histoire… Alors tentez l’aventure et lisez ce livre ambitieux, touchant et plein de surprises !


8.5/10 

Kiaaaa ! Excellent ! Trolle like +++

13 commentaires:

  1. Une lecture marquante chez moi aussi ...

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  2. Je crois qu'on ne peut pas oublier ce livre tellement il est particulier ! En tout cas j'ai vraiment aimé que la Mort soit la narratrice ! Et puis l'histoire de Liesel est vraiment touchante

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  3. Ce livre m'avais interpellé à la bibliothèque de ma ville mais je l'avais finalement reposé, pensant qu'il serait déprimant et qu'il pourrait m'effrayer !

    Mais ton avis me donne beaucoup envie de le prendre :p

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  4. Tiens, tiens je le note.
    Merci pour la découverte.

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  5. Il est dans ma Pal depuis le Swap, j'espère pouvoir le lire bientôt, en tout cas ton avis me fait très envie :)

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  6. J'avais mis ce livre dans ma wish list et je ne le regrette absolument pas :)

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  7. @ Liloochat : Ce livre n'est pas déprimant, en tout cas de mon côté ce n'est pas ce qui en ressort !

    @ Hidile : De rien :)

    @ Marmotte : Je pense qu'il te plaira ! J'irais voir ton avis quand tu l'auras lu

    @ Lexounet : Tu l'as déjà lu alors ?

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  8. J'ai commencé à le lire hier. J'avais qqs appréhension après avoir lu qqs critiques disant que l'histoire était lente et que la narratrice cassait le suspence en nous livrant des éléments clés de l'histoire avant qu'ils ne se produisent. Et en fait j'en suis déjà à 150 pages et j'adore ! Tout ce que d'autres lui reprochent je trouve que c'est ce qui fait le charme du livre. Pour le moment je vais tout a fait dans ton sens.

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  9. Oui ce type de narration peut déstabiliser mais finalement c'est bien mené et ça ne retire pas le suspens pour autant (comme dit plus haut dans ma critique), ni l'émotion!

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  10. J'ai également été rebuté par le début, mais contrairement à toi, j'ai été moins patient: je l'ai abandonné. Dommage.

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  11. C'est vrai qu'au début le style et la narration déconcertent mais on s'y fait vite. j'ai un peu moins apprécié que la Mort nous annonce certains événements mais sinon, c'est un livre que j'ai beaucoup aimé, surtout ses personnages si attachants.

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  12. Un morceau de vie en effet.
    Par contre, contrairement à toi j'ai été ennuyée par cette façon d'annoncer les événements avant qu'ils n'arrivent réellement dans l'histoire.
    Très bel avis.

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    1. Merci My :)
      As tu vu le film également ou non ? De mon côté je ne l'ai toujours pas vu mais je le garde dans un coin de ma tête. Je pense que ça ne donnera pas du tout la même chose que le livre car j'imagine que dans le film, la mort n'est pas la narratrice. Mais je suis curieuse !

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