4 août 2015

Phobos, Tome 1 - Victor Dixen

5 comments

Auteur : Victor Dixen
Cycle : Phobos

Édition : Robert Laffont
Parution : 2015

Pages : 433
Prix : 17,90 €

Genre : Science-Fiction, Jeunesse

S
ix prétendantes d’un côté. Six prétendants de l’autre. Six minutes pour se rencontrer. L’éternité pour s’aimer. 
Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars. 
Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour. 
Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter.



C
'est lors d'une table ronde aux Imaginales que j'ai entendu l'auteur parler de Phobos, et il a su me convaincre de me lancer moi aussi direction la planète Mars ! Qu'est ce qui m'a convaincue ? Ses réflexions sur l'économie : aujourd'hui, ce sont les entreprises et les fonds d'investissement privés qui ont le pouvoir et les sommes nécessaires pour faire avancer significativement la science. Si elle y trouve un intérêt et qu'elle dispose des fonds, une entreprise pourrait très bien reprendre un projet scientifique aussi titanesque que la colonisation de Mars... Et c'est ce que raconte Phobos, sur fond de télé - réalité.

L'auteur a su m'intéresser sur ces deux sujets, dont il montre bien les dérives. Sur la télé réalité notamment, le contraste entre ce qui se passe réellement et ce qui est montré à la télé, le double jeu de certains participants qui sont prêts à tout pour gagner, pour un instant de gloire. La manipulation des participants par la production aussi, les ravages psychologiques que cela peut engendrer également. En bref, une critique tout à fait pertinente de notre société actuelle et du culte de l'image...

Et comme le livre est bien pensé, on se croirait réellement dans un show à l'américaine, même si j'ai du mal à croire qu'on puisse partir sur Mars avec si peu de préparation, et emmener des choses aussi inutiles que du maquillage ou des robes de créateurs dans l'espace. L'alternance des points de vue est parfaitement équilibrée et donne une vision d'ensemble très parlante pour le lecteur : on passe d'une vision interne auprès des six participantes du sexe féminin (le champ), à l'équipe de production (le contre-champ) puis à une vision extérieure, comme un téléspectateur lambda (le hors champ). Le récit est rythmé par ces changements de point de vue, qui enrichissent l'intrigue et la rendent particulièrement dynamique.

En revanche, j'aurai apprécié que la caméra aille également voir du côté des garçons, qui restent encore peu connus du lecteur, mais cela renforce aussi l'attrait du roman, et souligne les interrogations des filles et de Léonor, qui doivent choisir leur futur compagnon sur la base de rencontres de 6 minutes et à tour de rôle. Autre point qui m'a beaucoup plus chiffonné cette fois, c'est la manie de Serena (la productrice du show) de tout expliquer à son équipe de production comme si celle-ci ne connaissait rien sur rien : bien sûr, ces prises de paroles sont nécessaires au lecteur pour bien comprendre de quoi il retourne et quel est le plan machiavélique de Genesis... Mais ces passages sont vraiment mal amenés et peu crédibles. Un peu comme dans les dessins animés, quand le grand méchant se retrouve devant le gentil, et lui explique en long, en large et en travers son plan pour détruire le monde, au lieu de simplement se débarrasser de son ennemi juré.

Il y a d'autres facilités dans le roman, mais globalement l'ensemble fonctionne bien, et j'ai trouvé les thèmes abordés tellement intéressants et traités de manière intelligente que je suis passée sur les petits défauts sans problème. Pour couronner le tout, la fin est surprenante et m'a prise au dépourvu, surtout que ma liseuse affichait qu'il me restait des pages (qui étaient en fait des extraits d'autres livres de la collection R...). Je me suis retrouvée comme tous les spectateurs de Genesis, un peu estomaquée devant mon écran ! Je lirais donc la suite avec intérêt, en espérant qu'elle sera à la hauteur de ce premier tome.


Phobos est un premier tome prometteur à la mise en scène dynamique et efficace : on se croirait réellement au coeur d'une émission de télé réalité, avec la planète Mars comme destination ! Les thèmes traités dans le roman sont nombreux et on ne peut plus actuels : le pouvoir des fonds d'investissement et des lobbies à l'américaine, le culte de l'image, la manipulation de l'information et des foules, etc. On découvre également avec curiosité les raisons qui pourraient pousser des gens à postuler pour un aller simple pour Mars... car chacun des candidats du programme Genesis a un secret, et certains ne sont pas encore révélés dans ce premier tome, ce qui laisse présager quelques surprises pour les tomes suivants. Malgré quelques facilités dans l'intrigue et les manies énervantes de Serena, la présentatrice de l'émission, j'ai donc passé un très bon moment en compagnie de Léo et des 11 autres participants au programme Genesis. Et vous, oserez vous tout abandonner sans regarder derrière vous, direction les étoiles ?

8/10

un personnage en combinaison

27/48

19/20

5 commentaires:

  1. Une amie va me le prêter ! J'ai tellement hâte ! Je l'attends depuis qu'il a été annoncé *o*

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  2. Je l'avais aussi repéré aux Imaginales, et voir les billets fleurir me motivent encore plus (même si je risque d'être déçue vu certaines chroniques dithyrambiques !)

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    1. Oui c'est pas non plus le YA du siècle mais il est vraiment sympa ;) Par contre je ne peux pas te le prêter car c'est un ebook malheureusement !

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  3. il me fait très envie et ton avis me confirme cette impatience ^^

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  4. En voilà un qui n'en finit pas de me faire les yeux doux !!! Je ne vais pas résister éternellement, faible que je suis :D

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