13 novembre 2016

Les Sentiers des Astres, Tome 0 : Dévoreur - Stefan Platteau

8 comments

Auteur : Stefan Platteau
Cycle : Les Sentiers des Astres

Édition : Les Moutons Électriques
Parution : 2015

Pages : 128
Prix : 19 €

Genre : Fantasy


S
ommes-nous les jouets des astres ? Qu’est-ce que ces choses lointaines éveillent en nous, qui nous anime, et nous pousse à agir d’une façon qui nous étonne nous-mêmes ?

Au-dessus de la demeure de Vidal, l’éleveur d’ânes, une planète brille trop fort ; le comportement de cet homme paisible s’en ressent. Son amie Aube assiste, impuissante, à sa transformation. Parviendra-t-elle à l’arracher à cette influence néfaste, ou faudra-t-il attendre l’aide de Peyr Romo, le magicien des Monts de souffre ?

Dans la vallée de Pélagis, de vieux instincts s’éveillent, prêt à dévorer toute humanité dans le cœur des êtres…

Une plongée dans l’âme d’un monstre, dans l’univers des Sentiers des Astres.



D
évoreur est mon premier roman de Stefan Platteau : j’étais tentée par le premier tome de la série Le Sentier des Astres (j’en ai entendu beaucoup de bien, et j’ai beaucoup apprécié les interventions de l’auteur aux Imaginales en 2015), mais étant donné sa taille imposante, j’avais plutôt envie de commencer « en douceur », avec un roman plus court. Dévoreur semblait donc parfait pour ce rôle !

J’y ai découvert une ambiance propre aux contes, pas ceux de Disney, mais les vrais, avec toute la cruauté et la violence qu’ils peuvent contenir. Et cela m’a beaucoup surprise ! Je ne m’attendais pas du tout à ça avec cette préquelle, et cela m’a un peu déstabilisée.

Cependant, je reconnais que l'auteur a un vrai talent de conteur, et qu’il arrive parfaitement à instiller le surnaturel puis le malaise dans son récit. En tout cas cela a totalement fonctionné avec moi. Malheureusement, passé la moitié environ du récit, j’ai de moins en moins apprécié ma lecture : on entre alors vraiment dans le conte, et j’ai eu beaucoup de mal à me concentrer sur le texte. En effet, je n’ai pas été sensible aux enjeux propres aux deux personnages principaux masculins, Peyr et Vidal (j’avais plus accroché avec Aube, le personnage féminin du début), et je n’ai donc pas réussi à me sentir concernée par ce qui leur arrivait (bien que certains passages soient assez horribles !). Je pense que c’est justement dû à la narration sous forme de conte, qui est souvent synonyme de distanciation (et j’ai généralement du mal avec ça^^). D'autant plus que cette deuxième partie se concentre sur la psychologie d’un monstre, qui reste avant tout un humain dont certains traits de caractères ont été exacerbés à l’extrême par les Astres… il y a de quoi être mal à l’aise.

J’en profite pour parler un peu des Astres justement : j’ai trouvé le système de magie particulièrement novateur, avec un petit côté mystique très intriguant. Stefan Platteau base sa magie sur l’influence des Astres, huit en tout, dont certains sont fastes et d’autres néfastes, chacun ayant une incidence bien différente sur les humains. Ce que j’ai aimé, c’est que les Astres sont comme des dieux, et ont leur propre volonté. De plus, accéder à la magie des Astres est loin d’être aisé, et surtout très risqué pour le quidam non expérimenté. Même un mage entraîné peut subir de lourdes conséquences en faisant appel aux Astres… ceux-ci étant capricieux et changeants, et leur influence pouvant se muer en contrôle ou en dépendance sur celui qui y est soumis. L’auteur parle d’ailleurs bien « d’influence » et non réellement de magie. Les Astres ne sont pas un réservoir de pouvoir dans lequel le mage peut puiser ; ils sont plutôt des entités qui peuvent accorder un peu de leur force et de leur volonté (en fonction de leur personnalité propre) au mage, s’il s’y prend bien et s’il est capable de supporter le pouvoir accordé et ses conséquences directes… Je ne pense pas avoir compris toutes les subtilités de son fonctionnement, deux astres sur les huit étant réellement évoqués dans ce court récit, mais j’ai trouvé l’ensemble intriguant, cela donne envie de s’y intéresser.

Mon ressenti est donc en demi-teinte concernant Dévoreur : bien qu’il soit court, j’ai mis du temps à le lire et ne l’ai pas complètement apprécié, surtout sur la deuxième partie du récit. D'un autre côté, le système de magie m’a fortement intrigué, et je reconnais que l’auteur a une écriture soignée, et qu’il a complètement repris les codes du conte, avec succès. A voir si je me lance dans le pavé Manesh pour aller plus loin dans cet univers…



Avec Dévoreur, Stefan Platteau reprend tous les codes du conte traditionnel et développe le mythe de l’Ogre, et bien plus encore… Il maîtrise très clairement ces bases, et y ajoute sa touche personnelle, instillant avec beaucoup de talent le surnaturel et le malaise dans le récit, tout en abordant de nombreux thèmes et en développant avec soin la psychologie de ses personnages. Le côté très humain de son « monstre » en fait d’ailleurs un récit particulièrement effrayant sur le plan psychologique… Pourtant, je n’ai pas complètement apprécié Dévoreur, et j’ai eu du mal à terminer la seconde partie du roman, alors même que le texte est très court (moins de 150 pages) : je n’ai pas réussi à m’identifier aux personnages et à leurs enjeux. Par contre, j’ai beaucoup aimé découvrir l’influence mystique des Astres, et j’aimerai en apprendre plus sur le sujet, car Dévoreur n’en donne qu’un bref aperçu. Si j’ai le courage de me lancer dans Manesh
Pour terminer, mention spéciale à l’objet livre, qui vaut le coup d’œil malgré son prix élevé.

6,5/10

8 commentaires:

  1. De mon coté, j'ai adoré Manesh, et j'ai du mal à me lancer dans ce petit livre qui finalement a l'air bien différent de l'histoire développé dans sa trilogie (et tu n'es pas la première à caler un peu dessus j'ai l'impression). Tu retrouveras le style très poétique et l'évasion. Les astres sont présents mais bien plus en second plan je pense que dans ce livre !

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    1. Ah bon ? ah mince car c'est ce que j'avais le plus envie de découvrir : les Astres justement ! Leur fonctionnement, leur influence sur les hommes, les mages...
      Un jour, j'essayerai Manesh pour voir :)

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  2. Ah c'est intéressant que tu aies choisi de commencer par Dévoreur :) Au moins, on peut se poser une interrogation de prendre "dévoreur" de façon extérieure aux autres écrits. Je suis très intriguée par son univers. Et si tu indiques que le système de magie est novateur, cela me tente encore plus !

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  3. Dans ma wishlist, je n'ai pas encore sauté le pas d'une acquisition...

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  4. J'espère que tu te lanceras malgré tout dans Manesh ! J'ai rarament lu un récit aussi bon et bien conté :) Mais j'avoue avoir énormément aimé Dévoreur (qui m'avait beaucoup parlé), du coup... Mon conseil ne peut être impartial ^^

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  5. Personnellement, j'ai pas trop aimé Manesh. C'est bien écrit, et comme dit plus haut le système de "magie" passe au second plan, donc il en est fait question, mais pas vraiment...
    y a des longueurs chez Platteau, bien qu'il exploite une forme intéressante (moyenâgeuse) dans Manesh (le "dit" conté par le barde Fintan). Mais ça lui fait faire beaucoup de digressions, beaucoup d'histoires (de personnages, par rapport à l'univers, etc.), qui ne viennent jamais vraiment à propos.
    J'ai pas trouvé ça ultra novateur pour le reste. Même le style est à mon sens, un peu surfait, mais surtout dans le début du récit (les cent premières pages) où il s'agit de nous en mettre plein la vue, mais on ne le sent plus dans la suite du récit, ce qui est positif !

    Par contre, le Dévoreur me tente bien ! Plus court, moins de longueurs, un sujet mieux maîtrisé, peut-être ? Plus novateur ? Ta critique et ce que j'en ai entendu me font envie, en même temps tu ne lui as mis que 6.5... à peu près la note que j'aurais mise à Manesh.

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    1. Si ma critique et ce que tu as entendu te font envie, alors je ne peux que te conseiller se te lancer :-) Une note reste un avis subjectif, et si ma chronique te donne envie de découvrir le roman malgré une note moyenne, j'en suis vraiment ravie :-)

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