21 novembre 2016

Sept secondes pour devenir un aigle - Thomas Day

6 comments

Auteur : Thomas Day

Édition : Folio SF
Parution : 2016

Pages : 384
Prix : 8,20 €

Genre : Science-Fiction, Nouvelles


D
'une île du Pacifique à l’Australie, du Cambodge à la Californie, du Grand Nord canadien au Japon ; de la violence radicale à la fuite vers un monde virtuel, de la débrouillardise tranquille au sacerdoce, du combat pour la survie d’une espèce en danger à la lutte pour celle de l'humanité elle-même, embarquez pour six voyages vertigineux, six manières pour l’homme de se confronter à la nature, quand ce n’est pas à sa nature.


J
’avais déjà lu du Thomas Day il y a plusieurs années (La Voie du Sabre) mais je n’en ai pas gardé de souvenir précis. C’est donc avec un œil neuf que j’ai abordé ce recueil, sans vraiment savoir à quoi m’attendre.

Et la première chose qui m’a frappé lorsque j’ai terminé la lecture, c’est le caractère très sombre du recueil. Les textes sont tous orientés vers une problématique liée à l’environnement (conséquences écologiques de l’activité de l’homme, notamment le tourisme ou encore les catastrophes liées aux centrales nucléaires) ou à des défis auxquels l’homme fait face (ou risque de faire face dans un avenir plus ou moins proche) : conflits, guerres, lutte contre la société de consommation, dangers du virtuel et du tout connecté, etc.

L’auteur propose une vision du futur globalement pessimiste, même si la conclusion de certaines nouvelles laisse présager un peu d’espoir. En général, celui-ci est mince et dépend grandement des choix que les personnages – et l’Homme de manière générale – feront par la suite… En fait, le lecteur se retrouve souvent face à une fin dans laquelle les problématiques de départ ont évolué, mais jamais avec une réponse bien claire. C’est au lecteur d’amorcer une réflexion sur les sujets abordés et de se faire sa propre idée.

Je ne vais pas ici vous décrire l’intrigue de chacune des nouvelles, ce serait trop long, et d’autres l’ont fait avant moi (je vous encourage notamment à aller lire la chronique de Blackwolf ici). Je peux simplement vous donner mon ressenti global, qui est assez mitigé. Globalement, les textes ont une symbolique forte et traitent intelligemment des sujets, sous un angle qui pousse le lecteur à se questionner, à ne pas rester simple spectateur mais à essayer de comprendre les différents futurs et les personnages imaginés par Thomas Day.

Cependant, je n’ai réellement accroché à aucun des textes, même si, comme toujours, certains textes se démarquent davantage et m’ont plu un peu plus. Je pense que c’est dû au style d’écriture, auquel je ne m’identifie pas, qui ne me parle pas. Non pas que les nouvelles soient mal écrites, simplement je ne suis pas en phase avec ce que Thomas Day propose. Trop sombre peut-être. Trop actuel, et donc un poil déprimant… Et surtout, peu d’empathie avec les personnages, alors même que je les trouve travaillés. Ce sont justement des personnages complexes et réalistes, qui réagissent chacun à leur façon au dur monde dans lequel l’auteur les a placé, et qui tentent de survivre avec ce qu’ils ont. Des personnages qui sont loin d’être des anges, dont les pensées et les actes peuvent ébranler le lecteur, parce que cela en fait des êtres humains très crédibles.

Globalement, on sent quand même que l’auteur cherche à choquer le lecteur, sans forcément être violent dans ses propos, mais par la noirceur de son univers et de ses personnages. Il cherche à faire réfléchir le lecteur, à lui montrer des issues à la fois effrayantes et probables, à minima réalistes. Et ça marché. Qu’on aime ou non le style de Thomas Day, le propos reste percutant et sombre, ce qui en fait un recueil dans le fond assez effrayant.



Avec ce recueil, Thomas Day propose six textes sombres dont les thèmes touchent à des problématiques très actuelles, notamment concernant l’environnement. L’humain est au centre de chaque nouvelle, et les personnages particulièrement travaillés et réalistes. L’auteur, en abordant des univers futuristes, cherche à faire réfléchir le lecteur et à lui montrer que le pire pourrait être à venir… mais que l’espoir est toujours là, si on cherche bien, et qu’il tient à la volonté de chacun. Malgré l’intelligence des textes, je n’ai pas accroché au style noir et volontairement choquant de Thomas Day. J’ai eu du mal à entrer dans les nouvelles et j’en suis souvent sorti avec un sentiment de malaise, ce qui était sûrement l’effet recherché…

6/10

6 commentaires:

  1. Ce recueil m'avait énormément intrigué à sa sortie, j'ai failli me jeter dessus. Mais, depuis que les chroniques commencent à fleurir j'ai de moins en moins envie de le découvrir. J'ai l'impression qu'il n'est pas fait pour moi !

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  2. Je crois que Thomas Day a beaucoup été soutenu par Le Bélial' durant sa carrière d'auteur. La conférence sur Le Belial' aux Utopiales a d'ailleurs bien montré qu'ils étaient très amis. Thomas Day étant par ailleurs lui-même éditeur, ça doit aider... Je précise tout cela car je ne connais personne qui soit emballé par cet auteur. Je n'ai lu de lui que des nouvelles, et toutes m'ont déçu (sans me déplaire pour autant). As-tu d'ailleurs un roman de Thomas Day à me conseiller ?

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    1. Pas vraiment de roman à te conseiller, car à part la Voie du Sabre (que j'avais trouvé sympa mais dont je ne garde aucun souvenir...), je n'ai lu que des nouvelles de lui.

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  3. Bon sang, j'avais pas vu que tu l'avais chroniqué, je suis vraiment déconnectée !!
    Contrairement à toi, il m'a beaucoup plu. Même si certaines nouvelles n'ont pas su me parler, d'autres l'ont fait avec force.
    J'ai trouvé la postface super intéressante aussi.

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    1. Oui j'avais lu ta chronique :-) Tu as déjà lu d'autres romans/nouvelles de Thomas Day ?

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    2. Oui, j'ai lu Du sel sous les paupières. Globalement j'ai bien aimé, il y a de très beaux moments et beaucoup d'émotions, mais j'ai regretté la 1ere partie qui va trop vite.

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