18 mai 2017

Les enchantements d'Ambremer, Tome 1 - Pierre Pevel

7 comments

Auteur : Pierre Pevel
Cycle : Les enchantements d'Ambremer

Édition : Folio SF
Parution : 2017

Pages : 432
Prix : 8,20 €

Genre : Fantasy


P
aris, 1909. La tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes se baignent dans la Seine, des farfadets se promènent dans le bois de Vincennes... et une ligne de métro relie la ville à l'OutreMonde, le pays des fées, et à sa capitale Ambremer. Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan, un club de gentlemen-magiciens. Chargé d'enquêter sur un trafic d'objets enchantés, il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. L'affaire est épineuse et Griffont doit affronter bien des dangers: un puissant sorcier, d'immortelles gargouilles et, par-dessus tout, l'association forcée avec Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien...



J
'avais déjà lu un Pierre Pevel il y a longtemps, le premier tome des Lames du Cardinal, sans en garder grand souvenir. Pourtant on m'a dit de nombreuses fois que cette trilogie était un chef d'oeuvre. J'avais donc un peu d'appréhension avant d'entamer les Enchantements d'Ambremer, car il semble n'y avoir que des avis dithyrambiques sur cet auteur. Cela se confirme, je ne suis visiblement pas de l'avis de tout le monde : j'ai passé un bon moment avec ce livre, mais je ne crierais pas au génie pour autant.

Mais revenons d'abord sur le genre de ce roman : les Enchantements d'Ambremer se classe dans la catégorie "steampunk". Sur ce point, on retrouve bien cette ambiance XIXème siècle, avec son cortège de corsets, froufrous, inventions à la Jules Verne, etc. Malgré tout, l'auteur met bien plus l'accent sur la magie que sur la technologie : point de rouages et de mécanique dans ce tome. On y trouve plutôt des fées, des sortilèges, des gnomes, des combats de magiciens, des grimoires, etc. En effet, dans ce Paris des Merveilles, les créatures telles que les fées et la magie sont communément admises ; elles font même partie du quotidien, puisque l'Outremonde est relié à notre realité, et que les magiciens vivent comme tout un chacun sans pour autant être pourchassés pour avoir osé détenir ou faire usage de leurs pouvoirs.

Je dois dire que sur ce point, l'auteur fait preuve de talent : il parvient à intégrer tout naturellement des éléments de magie dans son univers, et il dépeint un Paris qui fait rêver :-) Mais pour autant, je n'ai pas plus que ça accroché à cet univers. C'est mon avis personnel, et il est dû à plusieurs choses : d'abord, je pense que le steampunk n'est pas un genre qui m'attire particulièrement, même s'il a un côté fascinant ; ensuite, je pense qu'avec mon passé de lectrice de fantasy, j'ai déjà eu mon lot de magiciens, de fées et de gnomes. J'ai déjà vu et revu ce type d'univers magique, basé sur un imaginaire commun et son bestiaire fantastique, dans lequel la magie s'exerce à l'aide de bâtons enchassés d'une pierre précieuse, de grimoires sources de savoir, de sorts que l'on apprend dans une école, de guildes de magiciens, etc. Ce ne sont malheureusement plus des univers qui me font rêver. Et cela enlève donc beaucoup d'attrait à ce roman.

Par contre, ce qui fait le charme de ce livre à mon sens, c'est son duo de personnages et leur relation si attendrissante. D'abord Griffont, plutôt du genre casanier et ronchon (mais qui fait sourire), avec ses petites habitudes et ses plaisirs simples, sa gentillesse, sa bonhomie, sa passion pour l'Histoire. Ensuite Isabel de Saint Guil, son charme, sa personnalité pétillante et aventureuse, sa légendaire mauvaise foie et son effronterie de femme libérée qui entend bien vivre comme ça lui chante. Ensemble, ils forment un duo improbable et pourtant complice, et leurs échanges piquants et drôles n'ont eu de cesse de m'attendrir. J'avais vraiment envie d'en savoir plus sur leur passé, et j'ai pris un réel plaisir à les voir évoluer au fil de la lecture, à découvrir petit à petit leur mode de fonctionnement, à sourire de leurs prises de bec et de leurs réconciliations silencieuses. Que dire également d'Azincourt le chat ailé, du majordome de Griffont, de l'inspecteur Farroux, des acolytes d'Isabel de Saint Guil ? Les personnages sont résolument un des points forts de ce roman, car je les ai tous trouvés attachants, bien qu'ils ne soient pas tous développés de manière égale.

Autre point positif : même si l'intrigue est un peu trop simple à mon goût et que l'univers a un petit air de déjà vu, j'ai beaucoup aimé l'aspect enquête du roman. On sent que le concept pourrait être développé dans de nombreux tomes, chacun d'eux mettant en scène les mêmes personnages dans des enquêtes et des aventures qui ont leur propre fin, mais qui s'insèrent dans un tout cohérent. Un peu à la manière d'un Hercule Poirot (j'avoue ne pas avoir lu les Rouletabille et Arsène Lupin qui sont cités en exemple par l'éditeur). D'ailleurs, la nouvelle qui se trouve en bonus à la fin du livre le prouve bien :-)

Pour conclure, je suis un peu indécise sur les tomes 2 et 3 : autant l'intrigue m'a un peu déçue et l'univers est resté sans surprise, autant j'ai adoré les personnages. Alors que faire : ai-je envie de connaître la suite ? Je pense que oui :-)



Dans ce premier tome, Pierre Pevel dévoile peu à peu son univers, mélange de steampunk et de fantasy, dans un Paris du XIXème siècle où la magie côtoie l'ordinaire. Au coeur de la capitale, le lecteur se laisse porter par une enquête visant en apparence à dévoiler un trafic d'objets magiques, mais qui mènera les héros bien au-delà de ce qu'ils avaient imaginé, dans les secrets bien gardés du trône de l'Outremonde ! Si l'univers et l'intrigue ne m'ont pas embarqué avec eux, j'ai en revanche adoré le duo de personnages principaux et leur relation piquante ! Rien que pour ça, le roman vaut la peine d'être lu^^

7/10

7 commentaires:

  1. Je l'ai aimé à la façon d'un policier à l'Agatha Christie mais le côté steampunk, fantasy est un petit bonus sans apporter grand chose. Tout réside, comme tu le dis, sur les personnages et rien que pour ça, je te conseille de lire la suite qui traite beaucoup plus en profondeur de leurs passés, avec des flash-backs. Et l'intrigue reste vraiment sympa. Je traine un peu à lire le 3 mais je sais qu'il va me plaire.

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    1. Oui voilà c'est ça. C'est plus une enquête qu'un univers type de fantasy.
      Ce que tu dis me donne assez envie de lire la suite (mais ça attendra quand même^^)

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  2. Je suis le point de le finir... je trouve comme toi que les rouages de l'intrigue sont un peu simple, mais c'est du Pevel ! et j'aime son écriture, ce côté BD avec juste ce qu'il faut pour se faire une idée de l'ambiance et des décors ! c'est une petite sucrerie !

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    1. Ben oui mais justement, j'ai lu un seul Pevel avant celui là (les Lames du Cardinal), et j'avais été déçue. J'ai aussi le cycle de Wielstadt dans ma PAL mais j'avoue que je n'ai pas l'intention de l'en sortir pour le moment

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  3. Ne t'inquiète pas tu n'es pas la seule ;) Je l'ai lu il y a quelques années, et comme toi je n'avais pas trop compris pourquoi on crie si souvent au génie, même si l'univers est plaisant :) D'ailleurs je ne me rappelle pas du tout de l'intrigue, seuls les personnages et l'atmosphère sont restés, mais il me semble qu'elle est un peu plus élaborée dans le tome 2, que je viens juste de lire. En tout cas l'histoire était entrainante à suivre.

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  4. J'ai le même ressenti de lecture que toi, j'ai passé un bon moment mais loin est le coup de coeur. J'ai aimé me balader dans ce Paris aux Merveilles et de rencontrer le combo de choc !

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