26 juin 2017

Os de Lune - Jonathan Carroll

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Auteur : Jonathan Carrol

Édition : Aux Forges de Vulcain
Parution : 2017

Pages : 235
Prix : 19 €

Genre : Fantastique, Horreur


C
ullen James est une jeune femme épanouie. Elle vit à New York, avec son mari et leur petite fille. Peu à peu, elle commence à faire des rêves étranges, où elle se retrouve projetée dans un monde surréaliste, Rondua. Avec une petite équipe d'aventuriers, formée d'un jeune garçon, Pepsi, et d'un chien géant, elle part à la recherche des Os de Lune, cinq os qui confèrent à leur maître un pouvoir sur le monde des rêves. Alors que s'engage dans ses rêves une lutte à distance avec un mystérieux ennemi, Cullen comprend alors que ses songes sont moins innocents qu'ils ne paraissent.


J
'ai commencé ce livre sans trop savoir où je mettais les pieds, la seule indication étant le rapprochement avec Neil Gaiman, qui a d'ailleurs écrit la préface du roman. Ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille : ce livre est inclassable. C'est un ovni sur lequel on ne peut coller aucune étiquette. Mélange entre onirisme, fantastique et fiction se déroulant dans le monde réel, l'éditeur le qualifie de réalisme magique.

Car l'univers dans lequel se déroule l'histoire est tout ce qu'il y a de plus normal : une jeune femme, sa vie, ses erreurs de jeunesse. Un avortement, mal vécu malgré un choix tout à fait compréhensible et qu'à aucun moment l'auteur ne condamne ou ne juge. Puis une rencontre, un amour qui sauve, une vie de couple, les aléas de la vie : petits bonheurs, accidents qui changent le quotidien, rencontres heureuses et malheureuses.

Au milieu de ces tranches de vie, on découvre Rondua, un monde onirique, le monde des rêves de l'héroïne. Très vite, on comprend que le jeune garçon qu'elle retrouve chaque nuit est le fantôme de son enfant avorté. Ces rêves, qui ont une continuité et la visitent de manière régulière, semblent donc être un moyen pour Cullen de vivre avec ses démons, d'exorciser son avortement. Et pourtant... Petit à petit, le rêve semble se mêler à la réalité, l'un et l'autre s’influençant mutuellement. Pure invention de l'esprit ou réelle consistance du rêve ? C'est à chaque lecteur de décider...

J'avoue avoir vite eu envie d'en savoir plus sur l'héroïne et sa vie, ce qui m'a donné une vraie motivation à continuer ma lecture après chaque fin de chapitre. Cependant, j'ai été déçue par ma lecture : en fait, Rondua m'a désarçonnée. C'est un monde étrange et parfois burlesque, sans queue ni tête, comme peuvent l'être nos rêves, souvent décousus mais pourtant porteurs de sens, un sens qui leur est propre et qui n'a de cohérence que dans l'esprit du dormeur. Ici, c'est le cas, et j'ai eu du mal à entrer dans le monde proposé par l'auteur : c'est tellement particulier que je n'ai pas réussi à adhérer.

J'ai de plus été très frustrée par ce monde : on suit Pepsi dans une quête pour retrouver cinq Os de Lune, ce qui doit lui permettre de devenir le souverain de Rondua à la place de Jack Chili, son ennemi. Mais on ne sait pas vraiment pourquoi ni comment cette quête commence. Et surtout, chaque nouvelle incursion dans le monde du rêve est très - trop - brève. Les ellipses entre chaque épisode à Rondua sont énormes. On apprend parfois qu'un Os de Lune a été récupéré, ou que des événements ont eu lieu, mais on ne connait jamais les détails, on ne vit pas ces événements et ces rencontres. Ce qui a achevé de me perdre... Bien souvent, Cullen et Pepsi se retrouvaient dans une scène avec des personnages, et je me demandais sans cesse : "Mais qui c'est celui-là ? Comment l'a-t-il rencontré déjà ? L'avait on déjà aperçu dans l'épisode précédent ? ". Bref, j'ai vite perdu le fil et je me suis donc concentrée sur le monde réel pour essayer d'apprécier davantage ma lecture.

Enfin, sachez que la fin est assez violente, un choix qui m'a surprise et m'a laissée encore plus désarçonnée ! Ce qui est sûr, c'est que ce roman ne ressemble à aucun autre que j'ai pu lire jusqu'à présent. Il fait partie d'un cycle de sept romans que l'éditeur prévoit de publier, mais chaque livre peut se lire de manière totalement indépendante et possède sa propre fin. Il semble que les liens entre les romans soient d'ailleurs assez ténus, mais je n'ai pas réussi à trouver quel roman était le deuxième du cycle (sachant qu'Os de Lune a déjà été édité chez Pocket en 1990).



Os de lune est un ovni littéraire difficile à définir : voyage onirique teinté de fantastique et d'horreur, c'est aussi le récit de moments particuliers dans la vie de l'héroïne, marquée par l'avortement qu'elle a choisi de pratiquer, et qu'elle semble exorciser à travers ses rêves. L'imagination débordante de l'auteur donne naissante à Rondua, un monde dans lequel son fils n'est pas mort, et qui l’amènera à participer à une quête périlleuse pour trouver cinq Os de Lune et s'attribuer leurs pouvoirs. J'ai été frustrée par les trop nombreuses ellipses temporelles et par ce rêve si particulier qu'il m'est devenu inaccessible : rentrer dans cet univers a été malheureusement trop compliqué pour moi. Malgré la chaude recommandation de Neil Gaiman himself dans la préface du roman, je suis passée un peu à côté. 

6/10

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